Essai : Nouvelle Citroën e-Méhari. Non c’est définitif

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Essai : Nouvelle Citroën e-Méhari. Non c’est définitif

Souvenez-vous : il y a deux ans, j’essayais en plein été la Citroën e-Méhari. L’essai est juste ici ; si vous avez la flemme de cliquer, je vous la fais court : de mon point de vue, la petite était un jouet amusant, une gentille blague à louer un après-midi au bord de la mer et ça s’arrêtait là. Trop de défauts l’empêchaient de devenir une “vraie” voiture utilisable tous les jours. Citroën m’aurait-il entendu ? Toujours est-il que la marque a dévoilé en janvier dernier une nouvelle version de son e-Méhari avec une promesse : celle de la rendre plus polyvalente. Soit, testons-là le temps d’un week-end pluvieux de décembre et voyons ce qu’il en retourne…

Qu’est-ce qui change ?

D’extérieur, pas grand chose à première vue : l’e-Méhari garde sa bouille bien à elle, qui inspirera des remarques allant de “elle est trop mignonne !” à “on dirait un nouveau Multipla” (j’imagine que ce n’est pas mélioratif). Et pourtant, il y a du changement à partir de la ligne de caisse, puisque Citroën a affublé sa petite voiture électrique de “vraies” vitres en verre et d’un hard-top (un peu comme une Abarth 124 GT, si si je vous promets). A noter que ma version d’essai, une très exclusive édition “styled by Courrèges” limitée à 61 exemplaires, arborait une teinte noire intégrale exclusive, de même que des jantes diamantées qui lui sont propres. 

L’intérieur, ceci dit, change beaucoup – mais alors beaucoup plus. Il faut dire aussi qu’on partait de loin, puisque “l’ancienne” e-Méhari reprenait pièce pour pièce la planche de bord des Bluecar. En d’autres termes, on passe de ça :

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…à ça :

Autrement dit, c’est l’ensemble de la planche de bord qui est nouvelle, histoire de lier la e-Méhari au reste de la gamme. Mais ça ne s’arrête pas là : les équipes Citroën sont même allés jusqu’à modifier les contre-portes et les sièges ! Au final, entre les moulures et la sangle typée bagagerie des contre-portes et le bandeau horizontal qui parcourt la planche de bord, on pourrait presque se sentir à bord d’une vraie Citroën.

Enfin, terminons les modifications par l’invisible : la nouvelle e-Méhari reçoit des équipements dernier cri tels que les quatre airbags (au lieu de…zéro), la condamnation centralisée, l’alerte de sous-gonflage ou encore la commutation automatique en feux de croisement. Le couple moteur, lui, se voit augmenté de quasiment 20 % et passe de 140 à 166 Nm.

C’est d’ailleurs un sacré bordel sous le capot

Qu’est-ce que ça change ?

Sur le papier, beaucoup de choses. C’est d’ailleurs le thème du communiqué de presse, avec un changement dans le discours marketing : du “cabriolet iconique” “ludique et facile à vivre”, on passe à une “véritable berline” “en mesure de rouler par tous les temps, 365 jours par an”. Rien que ça.

Dans la réalité, cependant, on déchante vite. Alors, certes, la découverte statique fait plaisir, puisque le nouvel intérieur se révèle infiniment plus accueillant et qualitatif que la précédente version. L’habitabilité reste la même et c’est tant mieux, puisque quatre adultes peuvent prendre place sans problème.

Non, le vrai problème vient dès qu’on la démarre. Première chose à savoir : l’e-Méhari est bruyante. Ça vient de partout : le moteur fait vvvvuiiiiii, les suspensions font chkouik chkouik, le mobilier fait crac crac, les roues font mrrrrrrr, le vent fait fchhhhh… Bref, on repassera pour le repos des oreilles. Et on ne comptera pas sur le système Bluetooth Parrot embarqué : sous 60 km/h, le rendu est catastrophique ; au-delà, les bruits ambiants rendent votre musique inaudible.

Deuxième problème : le manque de peps. Avec une chose étonnante : un des trucs qui me plaisent le plus sur une voiture électrique, c’est la réactivité instantanée de la voiture. On presse l’accélérateur et, sans l’ombre d’un lag, hop ! On décolle. Et ça rend ce décalage entre l’appui sur l’accélérateur et la réponse de l’e-Méhari encore plus incompréhensible… Une fois la Citroën en marche, la limite des 60 km/h est ici aussi perceptible. En dessous, les reprises sont juste correctes ; au-delà, on sent bien que 166 Nm de couple et 68 ch sont bien insuffisants pour faire réagir une voiture de 1 483 kg. Les reprises sont au mieux timides, au pire inexistantes, et la vitesse max de 110 km/h n’est atteinte qu’avec beaucoup de patience.

Troisième problème -et pour moi le plus important : la batterie. Si l’e-Méhari a changé cosmétiquement, ses dessous sont restés les mêmes, et c’est la bonne vieille batterie LMP de Bolloré qui alimente la bête. Le problème ne vient pas de l’autonomie (même si les ~150 km relevés lors de l’essai n’ont rien d’impressionnants vu la capacité de 30 kWh) mais plutôt le fonctionnement même de ces accus. Pour rappel, cette batterie doit se maintenir entre 60 et 80°C ; pas de problème pour la maintenir en température en roulant, mais lorsque l’e-Méhari est stationnée, c’est une autre paire de manche… Dans ce cas-là, la LMP s’auto-décharge pour rester à ces températures, au rythme tranquille de 1,5 % par heure. Du coup, à chaque fois que je garais la Citroën, j’avais ce stress de me demander combien de temps elle allait rester immobile, combien elle allait perdre d’autonomie, est-ce que j’aurais suffisamment de batterie pour terminer la journée… Bref, pas reposant. Terminons sur l’impossibilité de la charger au-delà des 3 kW et donc de réduire les 16h30 demandés pour une charge complète, condamnant de fait toute éventualité de long trajet.

En conclusion…

“Non c’est non et c’est très con mais je ne changerai pas d’opinion” chantait la délicate Rebeka Warrior dans son groupe Sexy Sushi. Voilà qui résume bien mon état d’esprit vis-à-vis de cette e-Méhari. Comment vous expliquer le fond de ma pensée ? Disons que je vois en cette voiture l’équivalent automobile d’une aventure d’un soir. Une aventure d’un soir, c’est très cool une fois de temps en temps, mais le danger est de vouloir la transformer en une relation à long terme. La temporalité est radicalement différente et les attentes liées à ces deux genres de relations n’ont rien à voir.

La e-Méhari, c’est pareil. Autant elle peut faire illusion en voiture de plage, autant elle se fourvoie complètement en voulant la jouer voiture sérieuse et vivable au quotidien. Ce n’est pas toi, ce n’est pas dans tes cordes et ça ne peut fatalement pas marcher. Vous voulez une petite voiture électrique pour tous les jours ? Ravisez-vous et investissez les 26 700 € (hors bonus et hors location de la batterie – 79 € par mois kilométrage illimité) dans une VW e-up!, une smart EQ forfour ou une Renault Zoe bien équipée. Vous aurez alors une vraie auto avec toute la sécurité, l’agrément et la polyvalence qu’on est en droit d’attendre d’une voiture électrique moderne. Vous voulez absolument conduire une e-Méhari ? Ma conclusion sera la même que lors de mon précédent article : louez-la un après-midi en vacances. Vous passerez un bon moment, je peux vous le garantir. Et puis vous pourrez passer à autre chose dès que vous aurez rendu les clefs.

Crédits photos : Jean-Baptiste Passieux

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Author: Jean-Baptiste Passieux

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